Peut-on concevoir le bonheur comme le résultat de la possession simultanée de tous les biens traditionnellement valorisés par l’expérience humaine — richesse, santé, intelligence supérieure à la moyenne, beauté physique et excellence dans les réalisations personnelles ? À première vue, une telle hypothèse peut sembler discutable, tant le désir de ces attributs traverse les cultures, les époques et les systèmes de valeurs. La véritable question philosophique se déplace toutefois vers un autre plan : est-il possible de réunir tous ces biens et d’éprouver malgré tout une forme radicale de malheur ?
La figure d’Œdipe, telle qu’elle se déploie dans la tradition tragique grecque, offre un cadre privilégié pour explorer cette interrogation. Roi encore jeune, investi d’un prestige politique considérable, d’une reconnaissance sociale étendue et d’une admiration publique manifeste, Œdipe apparaît comme une sorte de paradigme de l’homme accompli — et, par extension, de l’homme heureux. Les poètes de la Grèce antique le dépeignent comme un souverain aimé de ses sujets et respecté par ses pairs. Pourtant, cette image de plénitude se fissure progressivement, à mesure que se révèle son incapacité à affronter les limites de sa propre constitution psychique et morale.
Dans une perspective contemporaine, on pourrait dire qu’Œdipe est dépourvu de ce que l’on appelle aujourd’hui l’intelligence émotionnelle. Sa compréhension de l’existence demeure enfermée dans l’horizon symbolique du pouvoir,
| Number of pages | 140 |
| Edition | 1 (2026) |
| Format | A5 (148x210) |
| Binding | Paperback w/ flaps |
| Colour | Black & white |
| Paper type | Ahuesado 80g |
| Language | French |
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